90 ans en arrière, l’auteur germanique E Junger prédisait dans un classique dystopique « le travailleur » que le masque facial serait la solution pour éradiquer l’individualité et imposer la conformité du groupe à de nouvelles normes sociales.
« Ce n’est pas une coïncidence », écrit-il, « que le masque commence à nouveau à jouer un rôle décisif dans la vie publique ». Il apparaît de nombreuses manières différentes … que ce soit comme un masque à gaz, dont on essaie d’équiper des populations entières ; que ce soit comme un masque pour le sport et les grandes vitesses, que l’on voit sur chaque pilote de course ; que ce soit comme un masque de sécurité pour les lieux de travail exposés aux radiations, aux explosions ou aux substances narcotiques. Nous pouvons supposer », poursuit-il, avec une étrange prescience, « que le masque finira par assumer des fonctions que nous pouvons à peine imaginer aujourd’hui ».

C’est ce qu’exprime également George Orwell en 1984 lorsqu’il décrit de façon prémonitoire les masses comme « une nation de guerriers et de fanatiques, marchant en parfaite unité, pensant tous les mêmes choses et criant les mêmes slogans… trois cent millions de personnes ayant toutes le même visage ».
Ces auteurs sont- ils tous des initiés qu’ils ont pu, tel J Attali, prophétiser avec autant d’acuité le monde dans lequel ils veulent nous emprisonner ?
Quoiqu’il en soit, nous vivons l’ultime étape de la dégradation physique de l’individu enclenchée lors de la Première Guerre mondiale qui « déflora » les âmes et donna le signal de départ à la déshumanisation et à la barbarie !