G Bernanos

Autrefois les hommes pensaient les uns contre les autres. C’est maintenant la machine qui pense contre l’homme. Oh, je sais bien qu’une telle formule fera sourire les imbéciles. La Machinerie pense contre l’homme parce qu’elle pense à sa place, elle le dépossède non pas seulement de sa propre opinion mais de la faculté d’en avoir une. Il ne pourra jamais dire ce qu’il pense pour la raison qu’il ne saura plus qu’il pense. La Machinerie le saura pour lui. Il s’agit toujours de convaincre l’humanité, au nom d’un Progrès fatal et indéfini, de monter sur le billard pour se faire ouvrir le ventre par la Technique, en vue de l’expérience décisive, manquée jadis au paradis terrestre, qui fera de l’homme un Dieu.

la machine pense contre l’homme.

Pierre Antoine Cousteau

Pour désigner le chef, la loterie est un procédé plus rationnel que l’élection. Au tirage au sort, chacun a sa chance, les bons autant que les mauvais, tandis que la faveur populaire ne se porte exclusivement que sur ceux qui ont une âme assez basse pour se complaire au jeu sordide du scrutin, sur ceux qui ne souffrent point de s’épanouir dans l’imposture et de se dégrader en flattant la canaille, sur ceux en un mot qui quémandent le pouvoir au lieu de le prendre.