« La seule ligne en matière de complots consiste à se garder des deux écueils symétriques qui consistent l’un à en voir partout, l’autre à n’en voir nulle part — comme si jamais l’histoire n’avait connu d’entreprises concertées et dissimulées… » Frédéric Lordon, “le complotisme de l’anticomplotisme.”
Le battage médiatique autour de ce film qui n’apprend rien à ceux qui ont déjà pris la peine de chercher, interroge sur sa finalité :
Le film polarise le débat en deux points de vue diamétralement opposés et irréconciliables. . Ceux qui croient au documentaire, à l’intégralité de son contenu, et ceux qui le rejettent sous la bannière du complotisme. Le documentaire est ainsi fait qu’il rend les choses profondément manichéenne et écarte toute équivoque. Ce serait soit tout blanc, soit tout noir…
Aujourd’hui, on se déchire au sujet de Hold-Up. L’ensemble des médias dominants s’en donne à cœur joie et exploite cette opposition pour agrandir le fossé, et séparer davantage les deux camps que ce documentaire a imposé.
Peut-être que le vrai Hold-Up réside ici, sous nos yeux, dans chaque discussion que nous partageons à son sujet et qui accroit notre vulnérabilité car, pendant que nous nous écharpons, les dirigeants, eux, continuent inlassablement de détruire nos libertés, de rompre les liens sociaux, de construire l’état policier, de diffuser le virus de la peur….