Léon Bloy

C’est tout de même ahurissant de penser à l’inexplicable survie du régime républicain : atrophie universelle des intelligences, avachissement inouï des caractères, exécration endémique de la beauté et de la grandeur, obsèques nationales de toute autorité humaine ou divine, boulimie furieuse de jouissances, destruction de la famille, vivisection de la patrie, mœurs de cochons enragés, empoisonnement systématique de l’enfance, élection et sélection de chenapans ou de goitreux dans les cavernes de la politique ou sur le trottoir des candidatures, tels sont les fruits de l’arbre de la liberté, le curé nous dit que ses paroissiens sont à un tel degré d’abrutissement qu’ils crèvent comme des bestiaux, sans agonie, ayant détruit en eux tout ce qui pourrait être l’occasion d’un litige d’âme à leur dernière heure.

au seuil de l’Apocalypse

Au seuil de l'Apocalypse : pour faire suite au "Mendiant ingrat", à "Mon  journal", à "Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne", à  "l'Invendable", au "Vieux de la Montagne" et au "Pèlerin de

George Bernanos

La grand malheur de ce monde, la grande pitié de ce monde, ce n’est pas qu’il y ait des impies, mais que nous soyons des chrétiens si médiocres, car je crains que ce soit nous qui perdions le monde, que ce soit nous qui attirions sur lui la foudre… vous dites que le monde vous manque ? c’est vous qui manquez au monde !

essais et écrits de combat

George Bernanos

La civilisation européenne s’écroule et on ne la remplace par rien, voilà la vérité. A la place de ces immenses épargnes accumulées de civilisation, d’humanité, de spiritualité, de sainteté, on offre de déposer un chèque sans provision, signé d’un nom inconnu puisqu’il est celui dune créature encore à venir. Nous refusons de remettre l’Europe. Et d’ailleurs, on ne nous demande pas de la rendre, on nous demande de la liquider. Nous refusons de liquider l’Europe.