Marcel de Corte

Nous sommes arrivés à ce moment crucial. Voici naître le temps où l’homme n’a plus le choix qu’entre la mort et la vie, où la négation des valeurs, naguère triomphante, se termine au chaos, où en est cet abîme ténébreux, brille, vacillante, la frêle lumière que détiennent ceux qui, sans le savoir peut-être, les affirment encore. Voici les âges sombres où d’élever une famille, d’aimer son métier, de vénérer sa patrie, est une tâche surhumaine. L’homme d’élite est seul, cerné de barbares, accourus non comme au Moyen-Age du fond de l’Orient, mais surgis à ses côtés du bouillonnement de la société rationaliste. Sur ses épaules affaissées, Dieu lui-même s’appuie de tout son poids. Tous les soucis de la terre et des cieux déferlent en son cœur. Il est écrasé par ce qu’il est, par ces richesses qu’il détient à lui seul, et qui sont sa vie.

Voici naître le temps bienheureux où donner en abondance sera se délivrer d’un fardeau insupportable.

Philosophie des mœurs contemporaines

Alain (le progrès)

Les barques pontées sur lesquelles les bretons de l’île de Groix vont à la grande pêche sont des mécaniques merveilleuses. J’ai entendu un ingénieur qui disait que le cuirassé le mieux dessiné est un monstre, comparé à ces solides et gracieuses coques, où la courbure, la pente, l’épaisseur sont partout ce qu’elles doivent être. On admire les travaux des abeilles mais les travaux des humains de ce genre ressemblent beaucoup aux cellules hexagonales de la ruche. Observez l’abeille ou le pêcheur, vous ne trouverez pas trace de raisonnement ni de géométrie ; vous y trouverez simplement un attachement stupide à la coutume qui suffit pourtant à expliquer ce progrès et cette perfection dans les œuvres. Et voici comment. Tout bateau est copié sur un autre bateau. Toute leur science s’arrête là : copier ce qui est fait, faire ce que l’on a toujours fait. ..méthode tâtonnante, méthode aveugle qui conduira toujours à une perfection plus grande … sur 100 000 bateaux de toute façon jetés aux vagues, les vagues ramèneront à peine quelques barques manquées et presque toutes les bonnes. On peut donc dire, en toute rigueur, que c’est la mer elle-même qui façonne les bateaux, choisit ceux qui conviennent et détruit les autres. Les bateaux neufs étant copiés sur ceux qui reviennent, de nouveau l’océan choisit si l’on peut dire, dans cette élite, encore une élite, et ainsi des milliers de fois. Chaque progrès est imperceptible.: l’artisan en est toujours à copier, et à dire qu’il ne faut rien changer à la forme des bateaux ; le progrès résulte de cet attachement la routine. C’est ainsi que l’instinct tortue dépasse la science lièvre… les propos

La sépulture à bateau de l'île de Groix: un site unique | Les Raids Vikings

Léon XII

Ce qui fait une nation prospère, c’est la probité des mœurs, l’ordre et la moralité comme base de la famille, la pratique de la religion et le respect de la justice, c’est un taux modéré et une répartition équitable des impôts, le progrès de l’industrie et du commerce, une agriculture florissante et autres éléments du même genre s’il en est que l’on ne peut développer sans augmenter d’autant le bonheur et le bien être des citoyens. Rerum Novarum,

Lacordaire

Après que dans la mêlée des nations, tous les enseignements auront subi l’épreuve du feu et que les religions intermédiaires auront succombé, il ne subsistera en face l’une de l’autre que la vérité totale et l’erreur totale, le christianisme et l’athéisme, Dieu seul et l’homme seul. Alors, aucun nuage ne s’interposant plus entre les deux peuples choisis, entre le juif et le chrétien, entre le peuple du passé et le peuple de l’avenir, ils s’apercevront des extrémités de l’univers, et s’étant reconnus, ils se mettront en marche comme deux géants pour s’embrasser. Conférence sur l’écriture