«Le latin est la langue des conquérants romains et celle des missionnaires de l’Église romaine. Ces hommes ne diffèrent que par le but et le résultat de leur action. Pour les premiers, il s’agissait d’asservir, d’humilier, de ravager le genre humain; les seconds venaient l’éclairer, le rassainir et le sauver; mais toujours il s’agissait de vaincre et de conquérir, et, de part et d’autre, c’est la même puissance,
« …..Ultra Garamantas et Indos
« Proferet imperium…….
« Trajan, qui fut le dernier effort de la puissance romaine, ne put cependant porter sa langue que jusqu’à l’Euphrate. Le Pontife romain l’a fait entendre aux Indes, à la Chine et au Japon.
« C’est la langue de la civilisation. Mêlée à celle de nos pères les Barbares, elle sut raffiner, assouplir, et pour ainsi dire, spiritualiser ces idiomes grossiers qui sont devenus ce que nous voyons. Armés de cette langue, les envoyés du Pontife romain allèrent eux-mêmes chercher ces peuples qui ne venaient plus à eux. Ceux-ci l’entendirent parler le jour de leur baptême, et depuis ils ne l’ont plus oubliée. Qu’on jette les yeux sur une mappemonde; qu’on trace la ligne où cette langue universelle se tut : là sont les bornes de la civilisation et de la fraternité européennes; au-delà vous ne trouverez que la parenté humaine qui se trouve heureusement partout. Le signe européen, c’est la langue latine. »