« être catholique en démocratie » (abbé Barthe)

« La Cité chrétienne a disparu de la surface de la terre, l’événement qui fut au principe de son effacement ayant été la Révolution française. Événement à strictement parler formidable, aux conséquences duquel l’Église et les catholiques sont depuis lors confrontés. »

L’abbé Claude Barthe invite ses lecteurs à prendre conscience d’une situation d’« exil » semblable à celle qu’évoque le psaume 136, et à aller contre la tentation de ralliement aux systèmes institutionnels issus de la Révolution.

« réussir sa mort » (Fabrice Hadjadj)

Réussir sa mort, anti-méthode pour vivre | Librairie de l'Emmanuel
Fabrice Hadjadj Réussir sa Mort anti-méthode pour vivre - Vinted

extrait : Le christianisme est une religion étonnante. Alors que la plupart des autres proposent l’ataraxie à l’heure dernière, celle-ci à la fois plus divine et plus humaine, assume notre peur toute entière et la purifie sans la rendre moins intense. Le serviteur n’est pas plus grand que le maitre. Si le chrétien doit suivre le Christ, il lui faut entrer dans sa Sainte peur avant la mort. Bien sûr il ne saurait atteindre l’infini de cette épouvante. Il doit modestement se contenter d’une frousse terrible mais limitée. Le Christ est descendu en éclaireur du gouffre, le creusant encore au delà du concevable, et il nous attend là où personne ne l’attendait, nous soutient là où il n’y avait personne pour le soutenir (l’ange qui le réconforte est la preuve de son abandon total, puisque lui le Créateur en est à vouloir mendier le réconfort de sa créature). Aussi certains martyrs ont pu mourir, grâce à sa peur, en rayonnant de joie. Mais ils durent passer eux-mêmes auparavant par cette frayeur foncière, sans laquelle, une mort, à l’évidence ne serait pas réussie.

note sur la suppression des partis politiques (radio Loupdi)

« Le tempérament révolutionnaire mène à concevoir la totalité. Le tempérament petitbourgeois mène à s’installer dans l’image d’un progrès lent, continu et sans limite. Mais dans les deux cas la croissance matérielle du parti devient l’unique critère par, rapport auquel se définissent en toutes choses le bien et le mal. Exactement comme si le parti
était un animal à l’engrais, et que l’univers eût été créé pour le faire engraisser.
On ne peut servir Dieu et Mammon. Si on a un critère du bien autre que le bien, on perd la notion du bien.«
 

Simone Weill