« Tactique du diable » est un roman épistolaire de C. S. Lewis publié d’abord sous forme de feuilleton de mai à novembre 1941 dans l’hebdomadaire anglican The Guardian, puis en 1942 sous forme de livre. En France, il paraît pour la première fois en 1943.
Ce roman criant d’actualité est comme celui de Orwell, on se pose la question de savoir d’où est venue à ces romanciers la précision de leurs prédictions ?
Par le jeu d’une mise en scène originale, C S Lewis donne la parole à un vieux démon tentateur qui fait part de son expérience à une nouvelle recrue. Screwtape, le démon expérimenté propose à Wormwood, le jeune démon une véritable stratégie de sabordage afin de mettre en péril la foi d’un jeune chrétien. Ainsi, grâce aux multiples pièges qu’il lui tend, il tente d’entraîner sa victime sur la mauvaise pente.
extrait (adapté à la situation actuelle) :
W – Et comment as-tu fait pour amener autant d’âmes en enfer à l’époque ? S – Grâce à la peur.
W– Oh, oui. Excellente stratégie : vieille et toujours actuelle. Mais de quoi avaient-ils peur ? Peur d’être torturés ? Peur de la guerre ? Peur de la faim ? S– Non. Peur de tomber malade.
W– Mais personne d’autre ne tombait malade à l’époque ? S– Si, ils tombaient malades.
W– Personne d’autre ne mourait ? S– Si, ils mouraient.
W– Mais il n’y avait pas de remède à la maladie ? S– Il y en avait.
W– Alors je ne comprends pas. S– Comme personne d’autre ne croyait ou n’enseignait sur la vie éternelle et la mort, ils pensaient qu’ils n’avaient que cette vie, et ils s’y accrochaient de toutes leurs forces, même si cela leur coûtait leurs affections (ils ne s’embrassaient plus, ne se saluaient plus, ils n’ont eu aucun contact humain pendant des jours et des jours !); leur argent (ils ont perdu leur emploi, dépensé toutes leurs économies, et pensaient encore avoir de la chance parce qu’ils n’avaient pas à gagner leur pain !) leur intelligence (un jour, la presse disait une chose et le lendemain elle se contredisait, pourtant ils croyaient à tout !), leur liberté (ils ne sortaient pas de chez eux, ne marchaient pas, ne rendaient pas visite à leurs proches… C’était un grand camp de concentration pour prisonniers volontaires! Ahahahahah !). Ils ont tout accepté, tout, tant qu’ils pouvaient prolonger leur misérable vie un jour de plus. Ils n’avaient plus la moindre idée que c’est Lui, et Lui seul, qui donne la vie et la termine. Ça s’est passé comme ça ! Ça n’avait jamais été aussi facile.
« ne craignez pas » furent les paroles du Christ